CONFÉRENCE DU Pr F. SOUFI : " Les archives en Algérie : luxe et/ou nécessité " du 17 novembre 2018

Détails

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Après l’avènement de l’indépendance du pays, le peuple algérien avide de connaitre son histoire, s’est heurté à un problème insurmontable celui des sources documentaires fiables. Cette difficulté a fait prendre conscience à nos responsables politiques et à l’élite universitaire de la nécessité de s’atteler au plus vite à la recherche et à l’organisation matérielle de nos archives nationales. La tache est rude mais combien exaltante .

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C’est pour faire le point sur ce problème important que notre association a fait appel au professeur Fouad SOUFI historien de formation et archiviste de profession comme il se définit lui-même, pour nous éclairer sur la situation actuelle de nos archives, sur les problèmes rencontrés et les espoirs de construire un système archivistique national. Nous avons eu le plaisir de recevoir M. Lahcène DJAKER historien comme modérateur de la rencontre. 

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Dans la première partie de son intervention, le Pr SOUFI a tenté de proposer une définition de l’archive en citant celles données par les philosophes Derida et Ricoeur . Pour le premier l’archive n’est pas une question du passe , c’est une question d’avenir. Il estime que nous vivons aujourd’hui un « mal d’archive » qui brouille le voir et le savoir. Nul pouvoir politique sans contrôle de l’archive, sinon de la mémoire. La démocratie effective se mesure toujours à ce critère essentiel : la participation et l’accès à l’archive, à sa constitution et à son interprétation. 

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 Dans un deuxième temps le conférencier a passé en revue l’évolution des idées et les différentes étapes qui ont abouti aux multiples conceptions de l’archivage dans les différents pays. Il a expliqué certains points de la loi algérienne et l’a comparé aux recommandations du ICA. Il a montré la différence entre Archives Nationales et Bibliothèque Nationale deux entités qui pourraient prêter à confusion comme pourraient naitre de multiples conceptions des archives dans l’imaginaire collectif.

Les multiples problèmes et conceptions des archives nationales, considérées comme conservatoire de la mémoire nationale, ont été longuement débattus : conception architecturale des centres d’archivage, formation des archivistes, réflexion sur la nature des documents éligibles à l’archivage donc à la protection. Plusieurs expériences internationales ont été évoquées. Le Pr SOUFI a longuement fait part de son expérience comme responsable au sein des archives nationales : il n’a pas manqué de pointer du doigt les insuffisances multiples du système et en particulier la non promulgation des décrets d’application de la loi de 1988. A la fin de la réunion le conférencier a cité les grands conflits archivistiques et les pertes d’archives à la suite des grandes guerres. Le contentieux algéro-français des archives a été longuement évoqué.

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Un débat riche a suivi. De nombreux problèmes ont été examinés en particulier les archives locales et leur organisation, le problème épineux de la généalogie nationale et bien d’autres sujets tous aussi sensibles les uns que les autres. Toute l’assistance a convenu que les archives étaient un capital symbolique et un luxe nécessaire qui fondent les états et les nations.

L’association tient à remercier chaleureusement les Pr SOUFI et DJAKER pour leur amicale disponibilité et l’effort consenti pour faire de cette rencontre une reussite.
Dr A. BOUCHETARA

   

PUBLICATION DU Pr KHELIL .2

Curieux endroit qu'a choisi le Pr KHELIL pour situer le déroulement de son histoire. Ce choix en réalité n'est pas fortuit: ce phénomène de la file d'attente révèle l'un des malaises chroniques que ressent le citoyen algérien. Pour les deux acteurs de ce roman ce lieu constitue l'observatoire idéal pour scruter, observer et sentir physiquement le resenti de ce malaise social. Le dialogue des deux amis, l'un agronome l'autre journaliste, passe en revue tous les problèmes qui empoisonnent la vie quotidienne de l'algérien. Dans l'épilogue l'auteur propose des solutions basées sur des études scientifiques qui doivent accompagner une réforme en profondeur de notre système socioéconomique et donc politique. Comme d'habitude chaque publication du Pr KHELIL constitue une nouvelle contribution positive  au débat national.A.B

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