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تعازي  

ببالغ الحزن و الأسى تلقينا نبأ الحدث المؤلم للطائرة العسكرية في بوفاريك  على إثر هذا المصاب الجلل تتقدم جمعية "عليم" بأخلص تعازيها إلى عائلات المفقودين طالبين من الله العلي القدير ان يتغمدهم برحمته الواسعة ويسكنهم فسيح جنانه وان يلهم اهلهم الصبر و السلوان 

 إنا للله وإنا إليه راجعون

   

RÔLE DU BEYLIK DE MASCARA DANS LA LIBÉRATION D'ORAN EN 1792 - Pr Saddek BENKADA

Détails

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                Voila 225 ans que les villes d’Oran et de Mers-el-Kebir sont libérées de l’occupation espagnole qui a duré trois longs siècles de 1505 à 1792. Ces trois siècles ont été aussi trois siècles de résistance acharnée et continue du peuple algérien. Cet acharnement n’a pas été vain et a trouvé sa récompense le 27 février 1792 date de l’évacuation d’Oran et de Mers-El-kébir par les espagnols. C’est pour nous parler de ce glorieux fait historique que notre association a eu le grand honneur de recevoir le Professeur Saddek BENKADA.
            M. BENKADA est né en 1948 à Oran, sociologue et historien, ancien chercheur permanent au CRASC (centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle), actuellement chercheur associé. Membre du comité de rédaction de la revue Insanyat (publiée par le CRASC). Président de l’Assemblée Populaire Communale d'Oran de décembre 2007 à novembre 2010, mandat durant lequel il soutient en juin 2008, sa thèse doctorat en sociologie urbaine. Membre du comité scientifique du  C.E.M.A. (Centre d’étude  Maghrébine en Algérie). Oran constitue en tant qu'objet de recherche, son "laboratoire" privilégié ; à ce titre, de nombreux organismes et associations font appel à lui, comme conférencier ou comme consultant pour tout ce qui touche aux questions historiques ou patrimoniales de la ville. Auteur de plusieurs articles publiés dans des revues nationales et internationales, et plusieurs contributions dans des ouvrages collectifs. Participe à de nombreux congrès scientifiques en Algérie et à l'étranger. Il a intitulé son intervention « Rôle du Beylik de Mascara dans la libération d’Oran en 1792 ».
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            M. BENKADA, a côté de M. Mohammed Laichoubi comme modérateur de la seance, a dès le début de son intervention, mit l’accent sur les liens historiques qui unissent la ville de Mascara à la ville d’Oran. Il va démontrer que la relation privilégiée qui existe entre les habitants des deux villes résulte de l’histoire commune et des combats qu’elles ont menés ensemble depuis l’instauration du beylik de l’ouest à Mascara au début du dix-huitième siècle. L’avènement du bey Mohammed El Kebir en 1784 fut pour Mascara le début d’une période extraordinaire qui permit à ses hommes et à ses jeunes d’écrire des pages glorieuses de la libération d’Oran. M. le conférencier rappela longtemps l’œuvre grandiose de ce bey tant dans le domaine politique que militaire et culturel. Il insista sur sa valeur humaine et sa profonde dévotion. Il fera remarquer que ce grand bey fit ses études à El guetna bien que natif de Médéa. Il s’est entouré de tous les Oulémas de la région de Mascara. Il créa une bibliothèque riche d’ouvrages rares récoltés dans tous les pays. Il mit en place des copistes « nassikhines », et mit à son service des savants et historiens comme Bensahnoun Errachidi et Cheikh Bouras etc… Le bey Mohammed El Kebir entreprit d’institutionnaliser l’armée des « savants-guerriers » dite « Djeich Tolba ». Elle fut totalement prise en charge par l’intendance du bey et fut affectée dans des camps appelés « Ribat ». Il désigna en 1791 Mohammed Benabdellah El Djelali chef du ribat Ifri près d’Oran. Il prit comme adjoints : Cheikh Benhaoua Tahar cadi de Mascara, Mohammed Benali Boutaleb El Mazouni qui mobilisa 200 Tolbas de Mazouna, Mohammed Benabdellah Ben Zerfa Dahaoui, Ahmed Ben Mohammed Benali Bensahnoun Errachidi. Ils participèrent tous aux différents assauts sur Oran. Cheikh Benhaoua trouva la mort en Chahid près d’Oran. Sur la demande du bey, Mohammed Ben Zerfa relate ces évènements dans son livre : الرحلة القمرية في المسيرة المحمدية  et Bensahnoun écrit : الثغر الجماني في ابتسام الثغر الوهراني alors que Cheikh Abi ras Ennaceri les évoque dans son livre : "كتاب الحلل السندسية في شأن وهران و الجزيرة الآندلسية" .

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 Le 12 septembre 1791 une convention est signée par le Dey Hassan et ratifiée à Madrid par le roi Charles IV le 12 septembre 1791 sur la reddition des espagnols et de l’évacuation d’Oran. Le 27 février 1792 le bey Benathmane Mohammed El Kebir entre triomphalement à Oran à la tête d’un immense cortège formé tout au long du trajet entre Mascara et Oran avec en première ligne le grand « Djeich Tolba » récitant des versets du Coran le Livre à la main, d’autres portant les étendards des  "أولياء الله الصالحين"de la région et d’autres récitant la Borda. Ces Tolba laissèrent une empreinte durable sur les générations futures : l’armée de l’Emir reposa aussi sur les mêmes valeureux combattants et plus tard lors de la guerre de libération nationale de 1954.
Après cette victoire, la capitale du beylick de l’ouest est transférée à Oran. Le bey s’appliqua à repeupler la ville et procéda à sa reconstruction. Par humanité il pardonna aux musulmans qui étaient alliés des espagnols. Ce grand bey laissera une trace indélébile dans l’histoire de notre pays. L’épopée de la glorieuse armée du « Djeich Tolba » servira d’exemple pour les générations futures de la jeunesse algérienne. Le Pr Benkada souhaita que la mémoire de ces valeureux combattants ne soit pas oubliée.
La conférence fut suivie d’un débat fructueux.
Avant le début de cette intervention, Mme Guenachi Khadidja exposa  son idée de création du réseau des amis de l'Ecole, vecteur d'éducation à l'écocitoyenneté et l'ecodéveloppement.
L’association tient à remercier M. Benkada pour son amicale disponibilité et pour nous avoir permis de revisiter une période douloureuse mais glorieuse de notre histoire.
Dr A. Bouchetara